jeudi 7 juin 2007

Epilogue - I had a dream -

Puis vient un jour et 9 mois d'aventure se terminent dans un aéroport. Le voyage est fini mais il me reste encore beaucoup à en tirer. Le peu que j'ai à dire est qu'avoir vécu ce voyage de rêve après avoir passé autant de temps à rêver de vivre ce voyage fut tout simplement fabuleux. Et des rêves il y en aura d'autres, tout en ayant conscience cette fois que si je porte de l'attention à ceux qui me tiennent vraiment à coeur, ils deviendront un jour une partie de ma vie. Méfiez vous donc de mes prochains rêves, ils deviendront réalité quand je l'aurais décidé!

La route s'arrête aprés 9 mois de joies, de peines, moments merveilleux, jours d'abatement, de froid, de solitude profonde parfois, mais toujours ce bonheur intense sous la fine couche des humeurs quotidiennes. Des petits maux qui en valait largement la peine. Aller chercher au fond de soi quand il faut, la force de continuer, refaire son sac, et reprendre la route pour le bonheur que procure une petite marche matinale, quand l'air est frais, la piste calme et le paysage paisible... se laisser porter par le vent. Toutes ses petites joies simples offertes par la providence, partager un maté dans la cabine d'un camion sur la route entre Rio Grande et Rio Gallegos, bouquiner dans l'herbe en attendant que passe la chaleur du milieu de la journée, participer pour quelques jours à la vie d'une famille. Toutes ces rencontres, la chaleur du feu de bois partagé, boire l'eau des ruisseaux, se perdre dans des forêts millenaires, voir le Cap Horn, marcher au milieux des ruines du Machu Picchu, partager la route avec son frère, ses parents et les amigos, écouter des histoires, des vies qu'on aurait jamais imaginé.

Une page se tourne et, après que le voyage ait été une fin, c'est le moment qu'il devienne un moyen, pour moi et pour les autres. Un moyen de grandir encore, relativiser mes petites misères, voir les choses différement, transmettre et partager ce que j'ai vu. Laisser se fissurer ses certitudes en voyant les choses telles qu'elles sont, comprendre que tout est plus subtil et plus compliqué qu'il ne parait.
Je suis de retour avec des sentiments équivoques, mon optimisme a été parfois fort entamé par l'ampleur des injustices et l'impasse dans lesquelles se trouvent beaucoup des hommes et femmes de ce continent. Le fatalisme de la jeunesse qui a bien compris comment fonctionne l'ordre mondial, concentrant toujours plus la richesse pour quelques privilegiés et laissant les autres se débattre avec ce qui reste. D'un autre coté mon peu de pessimisme en a aussi pris un coup en voyant ce que les hommes sont capable de surmonter, la dictature, le silence, la torture, l'exil, la pauvreté et même la mort quand la mémoire fait bien son travail.
Voici donc une petite partie de ce qui ressort de se voyage, il y a beaucoup plus à en dire mais ce sera de vive voix.

Enfin les remerciement bien sûr, et tout d'abord pour ses bonnes fêtes avant de partir avec les collègues, la famille et les amis. Pour ces cadeaux bien utiles, les jumelles qui m'ont permis de retrouver mon chemin plus d'une fois, l'harmonica pour les longues heures de stop, et ces deux belles cagnottes, celles des collègues et de la famille qui m'ont permis d'acheter ce petit appareil photo pour vous faire partager un peu de ce dont mes yeux se sont remplis durant ces 9 mois. Un grand merci pour le soutient de tout ceux et celles qui m'ont aidé à croire à ce rêve quand un bon paquet doutait de mon serieux ( moi même ça m'est arrivé parfois, je peux maintenant l'avouer) . Merci Carole pour m'avoir montré le chemin et m'avoir poussé au bon moment.

Les visites m'ont fait un immense plaisir je l'ai dit, merci donc Clem, mes parents, Alice, Claire, Fred et Matthieu d'avoir fait le déplacement. Merci aussi à Fanny, Manuel et Stan avec qui j'ai partager des bons moments sur la route, á Amélie, Gustavo et Amos qui m'ont acceuilli avec tant de bon coeur.
Puis pour tout les commentaires comme autant d'encouragements, j'étais content qu'apparement ça vous plaise. Merci à Yves Marie et ma tante Véro d'avoir déposer un petit mot à chaque fois, on aurait presque de quoi faire un autre blog avec toute votre littérature. Enfin mention spéciale pour le responsable de ma base logistique arrière qui m'a alléger de bien des soucis administratifs, m'a assuré de son soutient sans faille, de son suivi permanent; mon père.

J'espere ne pas vous avoir fatigué avec certaines répetitions de "paysages merveilleux", "panoramas immenses", "visions incroyables", "ciels superbes"... mes phrases à ralonge et une fois de plus mes fautes d'orthographe. Et si ca n'á pas été le cas, je vous tiens au courant quand je repars au long cours pour de prochaines lectures. J'étais en tout cas content de partager ce voyage avec vous, de réussir à faire voyager certains par mes récits.

Pour conclure vous l'aurez compris: Rêvez et rêvez encore en regardant le ciel, faites murir, des mois, des années, autant qu'il faut, et un jour, jetez vous à l'eau... ça vaut plus que la peine. Seul, à deux, à dix, au bout du monde ou en bas de chez vous, pour vous, pour les autres, ne gardez pas trop de rêves enfouis, la vie est trop courte et le monde trop grand pour ça!

Merci pour votre compagnie.

Benoit ... rider on the storm

La revanche des étoiles...

Antofagasta - Santiago - Valparaiso

L'aventure touche plus que jamais à sa fin mais la magie continue d'opérer chaque jours... Et le temps est merveilleux malgré l'approche de l'hiver, idéal pour camper. J'ai donc retrouvé ce petit camping qui avait acceuilli ma première nuit de route. J'ai ressenti là le même genre de vertige que celui éprouvé sur ce carré de pelouse voilà 9 mois. Mais cette fois-ci c'était en regardant le chemin parcouru et plus serein que la première fois ou je me rappelle avoir douté d'arriver au bout de ce voyage, seul sur ce continent lointain, réalisant tout à coup ce que c'est d'avoir 9 mois devant soi.
Le soleil s'est couché derrière les montagnes, la cordillière s'est assoupie sous mes yeux apaisé, l'air frais du soir est monté du sol, je suis couvert en regardant le ciel... C'est le soir qu'ont choisi les étoiles pour m'offrir le spectacle que j'avais raté dans le désert d'Atacama. Dans un ciel pur elles arrivent une à une et la Croix du Sud me fait un signe comme pour me dire:
" aller, reprends la route, rappelle toi des merveilles du grand sud, les fôrets, les torrents, les cols, les canaux, la pampa... tout celà t'attends encore..."
J'étais tout seul dans ce petit camping, une nuit tranquille et fraiche après mon diner traditionnel (Pâtes sur réchaud à gaz), mon petit feu de bois luit et me réchauffe dans cette nuit bien sombre. S'endormir, être reveillé par la fraicheur qui annonce l'arrivée du jour puis une dernière fois plier la tente sous le soleil, refaire le sac à dos et prendre la route le coeur léger... la boucle est bouclée!

Reste quelques jours que je ne vais sûrement pas gacher en attendant l'avion, je passe à Santiago où je retrouve Pablo qui bosse dans le métro. En plus d'une bonne visite, j'ai droit à une de ses petites soirées en famille que j'ai tant aimé durant ce voyage. Je garde le compte rendu de la visite du métro et du PCC pour les quelques intéressés. Je repasse par Valparaiso que je retrouve en belle endormie, engourdie par un début d'hiver pourtant plutôt doux. Les quais du port sont vides de portes conteneurs, les grues immobiles et les rues me paraissent bien calme. Mais c'est toujours le même charme puissant et magnétique qui ce dégage de cette ville toute en collines. La nuit du port, elle, déborde de vie, même en l'abscence des équipages au repos. J'ai assisté l'autre soir à un concert de jazz inoubliable, une ligne de cuivre puissante et une basse plus que créative dans un bar au charme portuaire. Je profite, me promène et m'imprègne une dernière fois de l'ambiance unique qui règne ici.
Voilà donc pour mes ultimes aventures, la conclusion suit en épilogue...

vendredi 1 juin 2007

Pour les étoiles d'Atacama...

Cuzco - Cachora - Cuzco - Iquique - Maria Elena - Antofagasta

Mes courtes nuits australes sont bien loin désormais, il fait nuit vers 18 heures ici à Cuzco et l'on a beau être au bout du monde dans une ville dont le nom fait rêver... Prendre le bus un samedi en début de soiré garde ce coté triste à souhait. Le néon du mini bus bringballant donne à tout le monde des teints blafards, nous sommes sans cesse bousculés par les nids de poules. Et puis me voilà seul aprés 3 semaines de compagnie, Claire et Matthieu sont en route pour Lima.

La rando à Choquequirao, bien que franchement sportive, valait vraiment la peine, nous sommes arrivés aprés une marche bien matinale sur le site où nous n'étions que 5 visiteurs. Alors certes, les ruines ne valent pas celles du Machu Picchu mais un tel calme et le fait de savoir qu'il y a sous nos pieds encore 55% du site à défricher crée une émotion particulière. Marcher sur des chemins d'accès à peine défrichés et savoir que 2 mètres à coté, dans cette végétation impénetrable se trouve sans doute des murs de soutient de terrasse ou des batiments entiers, et le frisson de l'archéologue en pleine découverte vous traverse le dos. Et puis les Incas ne choissisait pas leurs sites au hasard, ici encore le décor qui nous entoure est à couper le souffle, cascades gigantesques, cayons insondables, cordillieres enneigées... Et puis Choquequirao c'est le souvenir inoubliable de cette sieste dans l'herbe au milieu des ruines et à l'ombre de ce petit arbre, pas un bruit pendant une heure, on est vraiment bien loin du Machu.

Puis nous quittons Cachora, petit village de la cordillière, merveilleux de simplicité et d'authenticité, - ça change de Cuzco - aprés une bien agréable ballade à cheval à l'heure ou se dispersent les brumes, laissant entrevoir enfin la cordillière enneigée sous un soleil radieux.

C'est le départ des amigos, Claire rentre à Nantes, Matthieu poursuit au nord du Pérou et Benoit doit redescendre sans trop trainer vers Santiago, dans quelques jours, un avion l'y attends.

Mais faire le voyage d'un trait n'aurait aucun intêret, vous avez bien compris mon goût pour la lenteur...


J'avais pris depuis longtemps rendez vous avec les fameuses nuits étoilées d'Atacama mais depuis plusieurs jours se préparait quelque chose qui me gacherait à coup sur le spectacle prévu... Qu'importe de toute facon le temps qui me reste ne me laisse pas beaucoup le choix dans la date et c'est donc bien décidé que je pars acheter mon ticket de bus pour le désert le plus aride du monde... Mon premier travail sera de convaincre la vendeuse de ticket de bus que je sais ou je vais et que je veux bien un ticket pour Maria Elena, petite ville minière perdue au milieu du desert
-" Vous êtes vraiment sûr?"
Arrivé en fin d'après midi je goute à l'ambiance assez particulière de ce petit village avant de m'aventurer vers le désert en quête d'un endroit ou camper... bon n'imaginez pas ma tente au milieux de douces dunes à des kilomètres de tout signe de vie. Depuis mon bivouac je vois encore le village et toute cette partie du désert semble avoir été un jour retournée au buldozer dans l'espoir d'y trouver le précieux salpêtre.

Rapidement viens la nuit et comme je l'avais calculé ( Sans trop de mérite c'était facile de compter jusqu'a 28 ) l'élément perturbateur fait son apparition, les étoiles risquent d'être peu nombreuses au rendez vous... C'est une magnifique pleine lune qui se lève par l'est, d'une blancheur et d'une brillance exagerée, comme pour me narguer de venir ce soir admirer les étoiles. Inutile de vous dire que jai vu autant d'étoiles que si j'avais passé la nuit entière le nez en l'air sur la place parisienne du même nom.

Les fraiches nuit du désert, elles, ont tenu par contre leur promesse mais 3 minutes après le lever du jour, je crevais deja de chaleur dans ma petite tente orange.

J'ai repris la panaméricaine et nous avons traversé ces villages tellement fantômes qu'il n'y a même plus de fils qui pendent aux poteaux électrique, plus de vitres au fenêtres et au loin les installations rouillées et squelletiques de la mine abandonnée. Quelques kilomètres plus loin je repassais le tropique du Capricorne, en route pour le sud cette fois.

Aprés demain je devrais retrouver le premier camping du voyage au pied de l'Aconcagua, non loin de Santiago puis j'ai une visite du Metro de Santiago prévue avec Pablo, rencontré voilà 5 mois dans le grand sud, quelques nuits à Valparaiso et ... fin du voyage.

Epilogue de l'aventure dimanche soir prochain...

Photo 1 : il y a encore des petits problèmes de signalètique à rèsoudre mais Choquequirao vaut la peine d'être visité, jugez plutôt la mine admirative de Matthieu ( photo 2). Sur la troisième photo vous pouvez admirer dans le désordre, terrases, porte et logis Inca ainsi que dans le petit coin gauche de la place principale, ce petit arbre qui a acceuilli notre sieste, en arrière plan la végétation luxuriante qui explique les 13 ans de travail restant pour defricher le site. Enfin, photo 4, non non c'est pas ma photo qui est nulle c'est ce village qu'est bizarre! Maria Elena ( village minier habité ) à l'heure de pointe du matin.