mardi 29 mai 2007

Erratum...

Mes lecteurs experts en civilisation Inca l'auront bien évidement noté et je suis sûr qu'ils sont nombreux, c'est pourquoi je rectifie dés aujourd'hui une erreur qui ne devrait pas avoir cours dans le blog d'un fils de prof d'histoire.

Le grand Manco Kapac n'a jamais pu mettre les pieds au Machu Picchu puisqu'il est censé être le premier Inca, celui qui, selon la mythologie aurait été sorti du Lac Titicaca pour créer cette civilisation.

Les murs de pierres qui m'ont inspirés ses rêveries ont plutôt dû voir passer l'Inca Pachacutec.

J'éspere ne pas avoir écrit d'autres incorrections historique, j'me documente et je vous dit.

Portez vous bien, je vous redonne des nouvelles en fin de semaines.

Pour les amateurs de commentaires ( dont je fais parti ), j'ai eût beau fouillé, je n'ai pas trouvé pourquoi il n'est pas possible d'en mettre sur l'article précedent; les mystères insondables de l'informatique!!!

La photo: Ça coule de source... inca ( Pisaq)

dimanche 20 mai 2007

Dans la cité Inca

Lima - Arequipa - Puno - Machu Picchu - Cuzco

Le rythme change encore, accélere un peu mais c'est pour la bonne cause, c'est à 5 que nous quittons Lima pour 3 semaines dans le sud du Pérou. Fred, Alice, Matthieu et Claire m'ont rejoinds pour partager l'aventure. Me voilà bien entouré, heureux de retrouver les bons vieux amis et ravi de m'en faire de nouveau. La première chose à faire découvrir aux nouveau venus sont bien sûr les incontournables heures de bus, unique solution pour boucler un programme bien chargé à remplir en trois petites semaines. On s'élance donc pour 14 heures de car, heureusement coupées par une sympatique pause à Nazca ou nous dégustons un merveilleux poulet frites que nous digèrons ( non sans mal ) dans le doux air du soir, assis sur la grande place.
Mais bien vite place aux choses sérieuses avec une rando plutôt sportive dans le Cayon de Colca près d'Arequipa, trois jours à monter et descendre autour d'un des cayons les plus profond du monde. Les montées sont raides et les descentes mettent les cuisses et les genoux à rude épreuves mais les amigos, fraichement sortis de leurs bureaux m'épatent par leur endurance. Notre guide quand à lui est un véritable bouquetin des andes que nous ne parvenons à rattraper qu'a de rares occasions ( quand il daigne nous attendre en fait) et qui nous léve à 2 heures du matin pour aller marcher!
Je retrouve le lac Titicaca du coté Péruvien, nous nous reposons un peu entre Puno et l'ile Taquille et partons de nouveau, le voyage continue, un peu plus au Nord Ouest...
Nous arrivons par un petit matin brumeux à Cuzco après une mauvaise nuit de bus depuis les rivages du Lac Titicaca. Les visages portent encore les marques de cette nuit chaotique quand nous nous engoufrons encore à moitié endormis dans un taxi pour rejoindre la Estation San Pedro; La gare d'ou part le train pour Aguas Calientes, ce petit village au pied du Machu Picchu.

C'est un bien joli train jaune et bleu qui nous élève au dessus de la ville alors que la brume se disperse, nous offrant le spectacle de ces toits de tuiles et des clochers carressés par les douces couleurs du matin. Puis nous quittons la ville, le train traverse maintenant une large vallée agricole, le soleil est haut et j'ai la tête par la fenêtre. Un vent de bonheur et de liberté court dans mes cheveux et je respire un air qui me dit quelque chose... Ça y est je sais, il y a dans l'air cette odeur merveilleuse et enivrante que l'on respire le premier matin des vacances d'été, quand après une courte nuit commence l'aventure. Le soleil est encore bas mais il est déjà chaud, à l'ombre des buissons on sent cette fraicheur de la nuit qui remonte des fossés, les odeurs de fleurs qui portent encore quelques gouttes de rosée sont sublimées par l'exitation du départ vers de nouvelles aventures estivales... voilà donc le merveilleux parfum qui chatouillait mes narines à cet instant.

Le train court sur le plateau mais bientot le paysage se ressere autour de nous, les montagnes se rapprochent peu à peu et nous voilà, seul avec le torrent, serpentant dans l'étroite vallée. Il flotte maintenant dans l'air une odeur de sentier de montagnes à la fin du mois d'aout, quand le soleil a écrasé de chaleur les plantes, les arbres, les herbes et les vallées et qu'enfin la nature peut respirer à nouveau, les jours plus court est les nuit plus longues, les températures plus douces laisse respirer ces senteurs merveilleuses qui s'etait cachées au plus fort de l'été, tentant d'échapper au déchainement de la puissance solaire.
Et puis toujours la tête par la fenêtre du train, le paysage qui défile inonde mes yeux mais mon esprit est ailleurs; ailleurs au coeur de ses histoires de familles si liées au balancement des trains sur la voie. Je suis là dans ce train du bout du monde, en route pour le Machu Picchu qui a sans aucun doute fait rêver plus d'une fois la prof d'histoire qu'est ma mère. Et puis le train et toutes ces histoires, celles de mon grand père, fils de garde barriere et les épopés ferroviaires et dominicales de Dreux à Granville, contées comme la conquête de l'ouest. Mon père et sa passion sans borne pour les voyages en train, les plus belles lignes de son début de carriere enneigé entre Rumilly, Chambèry, Modane, Annecy et encore de merveilleuses histoires de train sous la neige et des images plein la tête. L'aventure qui continue dans notre siècle avec mon frère - Paris Londres d'un seul trait - qui a bercé ses fils à 300 km/h avant même qu'il ne sachent marcher à 4 pates. Me voilà au milieu de tout celà, la tête par la fenêtre, à quelques kilomètres de Cuzco, sur les plateaux andins en direction du Machu Picchu.
Le voyage continue et plus la vallée se ressere, plus la vegétation foisonne, une luxuriance, des arbres, des lianes, des feuilles immenses et un nuancier de vert au grand complet. Le roulis nous berce, les roues crissent quand nous attaquons les courbes, le bruit change quand nous passons des tunnels mais bientôt nous rallentissons et entrons dans la petite gare d'Aguas Calientes, nous sommes au pied de la cité Inca!
C'est encore avec une histoire de réveil trop matinal que commence cette journée mémorable. A la lueur des lampes frontales nous grimpons en file indienne dans des escaliers de pierres envahit de végétation. Quand point le jour, le chemin s'arrête et nous voilà aux portes de la cité apres une heure de marche les yeux mi-clos. Même encore à moitié endormi l'exitation est à son comble, nous avalons le petit déjeuner face aux montagnes et pénétrons dans la cité perdue, posée sur une montagne improbable au milieu d'un décor surréel. Le site est tout simplement incroyable et quand l'esprit vagabonde, c'est une véritable reconstitution historique qui se met en route. Les premiers hommes qui ont pensé cette cité, les premières pierres et le travail des tailleurs, des maçons, des jardiniers, des architectes, des agriculteurs puis l'arrivée du seigneur Inca, le grand Manco Kapac avec sa cour, sa famille, les célébrations au soleil, à la lune, les sacrifices au moment précis des derniers rayons du soleil, les fêtes incroyables aux solstices et la vie quotidienne, les gens qui vont et viennent, les gamins qui pleurent pour avoir le sein, le four à pain qui fume au petit matin, la joie des naissances, les morts, le cycle de la vie, la courses des astres... Cette émotion qui m'envahit quand je m'assois dans l'herbe au soleil couchant, appuyé contre ces murs aux pierres parfaitement jointes...

Du lever au coucher du soleil nous avons donc arpenté les ruines et les terrases, grimpé sur le Wayna Picchu, cet éperon rocheux qui domine la cité Inca puis sont venus les derniers rayons et le moment de redescendre sur terre et de rentrer dans son époque.







Alice et Fred sont repartis hier et nous partons demain, Claire, Matthieu et moi pour une autre cité perdue, celle de Choquequirao! Le voyage n'est pas fini!!
Et voilà une photo de la fine équipe sur les ruines de Pisaq ( non non Pisaq n'est pas un village de Dordogne!) , un immense merci d'avoir traversé l'altantique pour venir partager cette aventure et merci pour le bon temps qu'on a passé ensemble.

vendredi 4 mai 2007

Altiplano blues

La Paz - Pariñacota - Arica - Tacna - Arequipa - Lima

Bon je ne vais pas en faire des tonnes; ça ne vient pas, ça ne vient pas! J'ai bien les idées et les images en tête, les odeurs, les couleurs même et cet air trop rare qu'on respire là haut mais impossible de faire une belle phrase qui tienne debout. Moins agréable á lire mais tout aussi informatif, un style dépouillé fera donc l'affaire pour cette fois, à moins que l'inspiration vienne en écrivant comme l'apétit vient en man... c'est nul ! J'vous livre donc les mots comme ils viennent.

Mais pourtant quelle route magnifique entre La Paz et Lima, s'élèver tout d'abord au dessus de ce profond cratère au creux et sur les bords duquels La Paz s'étale. La vision impressionante de cette mégalopole sudamericaine, asphixiée par la pollution, paralysée par les bouchons mais qui malgré ça vit dix fois plus que n'importe quelle ville européene qu'il m'ait été donné de visiter.

La route s'élance vers le sud d'abord puis cap à l'ouest, en plein sur la cordillière pour attaquer le col qui mène au Chili, à 5000 mètres d'altitude. Les décors de l'altiplano sont vraiment particuliers et les mots me font défaut pour restituer ses couleurs uniques. Le bleu du ciel, le brun du sable entrecoupé de bouquets maigre et ras de cette vegetation basse et jaunie, le blanc des neiges eternelles des volcans... des couleurs merveilleuses, une route superbe.

Un poste frontière plus loin me revoilà au Chili avec la drôle d'impression d'être rentré au pays. Je m'arreterais non loin de la frontiere dans un petit village pour une petite randonnée, respirer une derniere fois l'air de l'altiplano. Ma visite fut bien acceuillie par les Lamas, Alpagas et leurs cousins vigognes au milieu desquels j'ai marché et j'ai adoré ma nuit dans le petit village de Pariñacota, ces petites maisons blanches regroupées autour de leurs églises, essayant de braver ensemble le froid polaire qui régne sur l'altiplano dès que le soir fait disparaitre les rayons du soleil, au loin, plus bas...
Plus bas, beaucoup plus bas car à 40 kilometres á l'ouest d'ici l'altiplano s'effrite et cet immense plateau qui s'étends au loin jusqu'a la grande forêt amazonienne, chute en 100 km de ces 4000 mètres d'altitude au niveau de la mer! Après avoir brievement battu la piste de mes pas, je retrouvais les joies du stop, m'accrochais à cette main tendue et me hissais dans la cabine du semi-remorque pour effectuer les fameux 100 km en compagnie de Miguel, camioneur chilien et gosse de l'altiplano qui connait la route entre Arica et Santa Cruz comme les lignes de sa vieille main. La route est vertigineuse mais l'homme connait son affaire, pas un coup de frein de trop, rien de travers, un professionel le Miguel. En lui deliant la langue j'ai droit à l'histoire de la vie d'un gamin né là haut, nourri avec le peu de chose que la terre veut bien offrir à une telle altitude, le froid mordant des hivers trop longs, vivre si loin de tout, le huis clos d'un village microscopique, les années de la dictature de Pinochet vue d'en haut...
Un dernier lacet et le pacifique nous apparait, blanchi par le soleil dejá bas. J'adore le stop! Je saute du camion á l'endroit ou la panamericaine vient se frotter á Arica, ville frontière, le dernier port au nord du Chili. Encore 1000 kilometre vers le nord ouest et je serais á Lima.
J'attaque le Pérou par le sud dans un train bringueballant qui s'ébroue sur une voie defoncée au milieu d'un quasi désert de sable, bordée au loin par le pacifique perdu dans la brume. Un train que dis-je, un petit wagon automoteur aux fenêtres disjointes, incomfortable au possible... mais quel plaisir, quel bonheur ces 60 kms dans le début siecle dernier! Un charme fou, toute une poésie ferroviaire en deux heures d'un voyage dans le temps sublimé par ce décor irréel.

Lima m'y voilá, j'aurais presque atteinds le 12éme sud, presque mais qu'importe, je ne monterais pas plus haut. Je dors dans la ville dans un vieil hôtel au charme unique. Charles Quint y viendrait en personne réclamer sa part d'or au gouveneur colonial qu'on en serait pas étonné. Il semblerait que Christophe Colon ait débarqué la semaine dernière!
Sous la fenêtre passe une fanfare et quelques rues plus loin la Panaméricaine continue son chemin, jour et nuit. La colonne vertébrale de l'amérique latine vibre d'un ronflement continue, des phares jaunes et rouges se croisent dans la nuit, camions anonymes et fatigués mais pas autant que les hommes qui les ménent. L'amérique latine se tue á la tache le long de ce ruban de bitume qui caresse tantôt l'océan, tantôt la cordillière, drainant la misère des hommes, des femmes et des enfants crasseux, acheminant la maigre récolte annuelle de patates d'une famille de l'altiplano á bout ou les 4x4 made in japan, sans répit, pas de dimanches, d'heures de nuit, pas de jours ferié.
Lima, sa grande et magnifique Plaza de Armas, fin de la montée vers le nord qui a commencé début janvier face au Cap Horn. Ca servira de conclusion, ça remplacera celle que je n'est pas trouvé... Portez vous bien
Benoit